On pourra bientôt boire du vin ouffetois

Bertrand Conchin

Bertrand Conchin a planté 1.000 pieds de six cépages différents dans un champ à Ouffet. Dans trois ans, il espère faire son propre vin. Le centre d’Ouffet abrite un terrain gigantesque, caché derrière une poignée de maisons en pierre rue de Temme. Ce terrain appartient à la famille de Bertrand Conchin. La majorité de la famille maternelle de Bertrand habite cette rue. Sa petite-cousine a accepté de lui prêter une partie pour sa plantation de vignes.

Inspecteur de police à Liège, Bertrand passe le plus clair de son temps libre à chouchouter ses vignes.

«Quand je ne travaille pas, je viens ici, plus ou moins huit heures par semaine», sourit Bertrand. Le jeune homme fait le chemin régulièrement depuis Huy, où il vit, pour veiller sur ses précieuses plantations.

«J’ai toujours aimé le vin et, surtout, la bière. Depuis quatre ans, je donne un coup de main au Clos Bois-Marie à Huy (qui fait les «Bulles de Huy», NDLR). Les viticulteurs là-bas m’ont tout appris. Au départ, j’y allais de temps en temps et puis, j’ai fini par y aller tous les samedis», raconte Bertrand.

Il y a un an, Bertrand s’est lancé dans l’aventure en solo. Il a fait analyser le sol du terrain de sa cousine, installer une clôture et sélectionner six cépages suisses et allemands. Pour ce faire, il s’est rendu au Luxembourg et en Allemagne où il a dégusté des centaines de vins différents. «J’ai choisi de faire du blanc, du rouge et des bulles. Les années où le rouge ne sera pas assez bon, je pourrai faire du rosé», explique le viticulteur amateur. À termes, il espère vendre sa production.

Le Clos de Temme

Son mantra: «local et bio». «Même si je n’obtiens pas le label bio (qui n’est pas gratuit), je veux que la plantation soit la plus naturelle possible. C’est très important pour moi. C’est pour cela que j’ai choisi des cépages allemands. Ils sont naturellement résistants aux maladies qui touchent les vignes», précise Bertrand.

Le Hutois a déjà choisi un nom pour son vignoble: «Le Clos de Temme».

«Cette rue est emblématique à Ouffet. Quand on regarde sur Google Maps, la rue apparaît directement. C’est une rue connue. En plus, c’est un endroit important pour moi. Une grande partie de ma famille y vit», développe le jeune viticulteur. Si Bertrand semble sûr de lui, il n’a pourtant jamais pensé créer son propre vignoble. «Le vin belge est bon. Il a besoin de se faire connaître. L’environnement est différent par rapport à la France, mais les techniques, on les connaît», conclut Bertrand, souriant.

L.M.