Nos coups de cœur de la Rentrée Littéraire

Les mois de septembre et octobre sont les mois où les libraires reçoivent le plus de livres: c’est la grande rentrée littéraire, comparée à la petite rentrée du mois de janvier. Comme faire son choix parmi les 567 nouveaux romans de cet automne? Nous avons interroger Grégory Regout de la Librairie Papyrus à Namur. Car ce libraire indépendant met un point d’honneur à lire avec son équipe tous les ouvrages qu’il reçoit, afin de recommander ceux qui lui ont plu. Quand on aime un livre, il faut le défendre!

Cette rentrée littéraire se caractérise par un nombre impressionnant de premiers romans, une centaine. On voit que les maisons d’édition cherchent de nouveaux talents, des plumes différentes. Ils encouragent notamment des auteurs de livres pour enfants, ou de bandes dessinées, à écrire des romans pour adultes », nous explique le libraire. « Mais il y a aussi les auteurs dont on attend impatiemment le livre annuel: pas de rentrée littéraire sans Amélie Nothomb, par exemple, qui publie  « Les prénoms épicènes» chez Albin Michel. Certains auteurs attendent cependant un autre moment de l’année pour sortir leur livre pour avoir plus de visibilité car finalement, trop de romans sortent en septembre-octobre. Et certaines maisons d’édition ont une politique encore différente: les Editions de Minuit ne sortent qu’un seul livre ce mois-ci: « Ca raconte Sarah », de Pauline Delabroy-Allard.»

Le gros coup de cœur de notre libraire est le premier roman d’une Belge: « La vraie vie » d’Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste), déjà nominé pour le Prix Goncourt des Lycéens et le Prix Renaudot. « On va beaucoup en parler, l’auteure a déjà été interviewée sur plusieurs plateaux télé à Paris, son livre est à court de stock et en réimpression, tout est déjà vendu ».

Autres écrivains belges à épingler: Jean Bofane, « La Belle de Casa » (Actes Sud), Stefan Hertmans, « Le cœur converti » (Gallimard), Chris de Stoop, « Ceci est ma ferme » (Christian Bourgois), Michel Claise, « Cobre » (Luce Wilquin).

Parmi les auteurs français et étrangers très attendus : Laurent Gaudé  (« Salina les trois exils »), Jérôme Ferrari (« A son image ») Nancy Huston (« Lèvres de pierre», Javier Cercas (« Le Monarque des ombres ») et Salman Rushdie (« La Maison Golden»), tous chez Actes Sud. Mais aussi Samuel Benchetrit (« Reviens» chez Grasset), Christine Angot (« Un tournant de la vie » chez Flammarion), Charles Berling («Un homme sans identité») et Pierre Assouline («Occupation » chez Laffont).

Autre coup de cœur de notre librairie: le très bon roman, mais pas facile, de Maylis De Kerangal: « Un monde à portée de main » (Gallimard). Et celui de Yasmina Khadra qui signe un roman sur la radicalisation et les attentats de Paris: « Khalil» (Julliard).

Car notre libraire aime particulièrement les auteurs sociaux qui s’attachent à décrire les phénomènes de société et  l’état économique du monde actuel. Tels Pascal Manoukian dans « Le paradoxe d’Anderson» (Le Seuil), François Bégaudeau dans « En guerre» (Gallimard), Emmanuelle Richard dans « Désintégration» (L’Olivier), Emmanuelle Bayamack-Tam dans « Arcadie » (P.O.L.), et l’auteur égyptien Alaa El Aswany dans « J’ai couru vers le Nil » (Actes Sud).

Epinglons quand même un livre drôle, chose assez rare: « Isidore et les autres», de Camille Bordas, un régal. Et puisque cette rentrée littéraire fait la part belle aux premiers romans, citons celui de Fabrice Caro, « Le Discours» (Gallimard) et celui de Marie-Aude Murail, « En nous beaucoup d’hommes respirent » (L’Iconoclaste). L’occasion de découvrir de nouveaux talents !

Ch. Rasir