Natacha Amal, gourmande de Bruxelles

Après ses succès à Paris et en France, l’actrice Natacha Amal nous revient à Bruxelles, sa ville natale. Elle a décidé de s’y établir définitivement, dans le centre d’Uccle. La vedette de la série à succès ‘Femmes de loi’ (avec Ingrid Chauvin) poursuit son métier d’actrice. Récemment, la comédienne a retrouvé les planches bruxelloises pour la pièce « Un Grand cri d’amour » de Josiane Balasko.

Elle se confie sur sa grande histoire d’amour avec Bruxelles. Son enfance à Forest, son adolescence à Uccle. Et puis, tout ce qu’on trouve en Belgique, et qu’il n’y a nulle part ailleurs. Confessions et petits secrets d’une grande gourmande…

Natacha Amal, vous êtes née et avez grandi à Bruxelles

Oui, dans les Marolles, à l’Hôpital Saint-Pierre. Papa était interne en gynécologie. J’ai passé ma tendre enfance dans l’avenue Albert, côté forestois. En primaire, j’ai été à l’école Timmermans, dans la rue du même nom. C’est d’ailleurs marrant car j’ai récemment joué à la Comédie Claude Volter avec Stéphanie Moreau. Et en discutant, on a découvert qu’on avait toutes les deux fréquentées cette école. Après quelques voyages, ma famille est revenue à Bruxelles et j’ai été à l’Ecole européenne au Vivier d’Oie. Mes parents se sont installés dans l’avenue du Wolvendael, à Uccle, où maman habite toujours. J’ai vécu à Casablanca où mon père était médecin-chef dans un hôpital. J’ai passé mon baccalauréat au Lycée français avant d’entrer au Conservatoire de Bruxelles, au Petit Sablon puis dans la rue de Stassart à Ixelles. Je suis sortie première de ma promotion, en 1988, dans la classe d’André Debar.

Après le Conservatoire, les rôles s’enchaînent

J’ai commencé à Bruxelles où j’interprétais le rôle de la princesse dans ‘Le Mariage de Figaro’. J’ai ensuite été auditionné pour un premier rôle féminin au Théâtre national de Chaillot où j’ai joué Songe d’une nuit d’Eté et Phèdre sous la direction de Jérôme Savary. Puis, cela a été la fiancée du Commissaire Moulin et tout s’est enchaîné avec d’autres séries comme Navarro, Nestor Burma, Julie Lescaut. En 2000, j’ai décroché l’un des deux rôles principaux (avec Ingrid Chauvin) de la nouvelle série de TF1 Femmes de loi. J’y ai incarné le procureur Elisabeth Brochène durant neuf saisons jusqu’en 2009. Puis, j’ai encore joué sur scène ou dans des séries.

Vous avez longtemps séjourné en France. Y a-t-il des choses qui vous manquaient ?

L’américain préparé, ainsi que les croquettes aux crevettes ou au fromage. Ce sont des plats typiquement belges. Et puis, tous les bonbons de chez Joris. On ne trouve pas tout cela en France. Les crevettes grises n’ont pas le même goût qu’ici. Là-bas, elles sentent déjà mauvais. J’adore aussi nos caricoles. Elles sont bien assaisonnées, elles ont bon goût. J’en prends rue Haute, ou devant la Bourse. Et puis, nulle part ailleurs, je ne trouve le vrai ‘bolo’ bruxellois.

Sans oublier certains chips qui n’existent pas en France. Quand je partais à Paris, j’en prenais chaque fois un stock : des paquets de Chipitos, de Grills, de Twiglets et de Rings à l’oignon. Et puis, les chocolats Galler : les blancs, fourrés aux pistaches fraîches, qu’est-ce que c’est bon ! J’allais oublier les glaces de Chez Zizi. J’adore ! Sa camionnette, elle diffuse la même musique depuis que je suis petite.

Justement, quelques souvenirs d’enfance ?

Dans l’avenue Albert, à l’angle des rues Marconi et Rodenbach, il y avait une plaine avec un puits d’eau. Pour les enfants du quartier, c’était la ‘pleintje’. En été, quand il faisait chaud, on s’y retrouvait en maillot de bain, même dans la rue. On n’avait pas de complexe, il n’y avait pas la peur des pédophiles, des agressions. On allait aussi au parc Duden.

Après Forest, vos parents se sont installés à Uccle, près du parc de Wolvendael ?

C’est un parc formidable. A l’époque, il y avait un mini-golf. J’adorais y jouer. Il y avait aussi des canards. S’il y en a encore, ils ne doivent pas être en grande forme. Ce qui m’a manqué aussi, quand j’ai quitté Bruxelles, c’est cette odeur de sous-bois, de la mousse, de la verdure.

Là, j’y suis revenue et je compte bien y rester. Je suis installée dans le centre d’Uccle et qu’est-ce que je m’y sens bien avec mon chat et mon chien qui s’adorent, qui dorment ensemble. Mes sœurs et ma mère habitent aussi à Uccle.

Une adresse ?

Tontons, dans la rue du Doyenné à Uccle, au coin de la rue Homère Goossens. Un petit resto où l’on trouve notamment un ‘bolo’ de compétition. Il est délicieux ! Même les toilettes valent le détour. Dans chaque cabine, il y a un écran plat qui diffuse quelques extraits des Tontons flingueurs.   

Le Belge, qu’a-t-il donc de particulier ?

Il est très malin, très vif, très drôle. Il a un humour hors du commun. ‘Chez Willy’, c’est un humour de comptoir où chacun s’envoie des vannes. C’est très drôle et très fin. (…) Le Belge, c’est quelqu’un de brave dans le fond et dans le cœur. Il s’adapte en fonction des autres. Essayé de rentrer dans la mentalité parisienne m’a demandé beaucoup d’efforts. Point de vue humour, on n’a pas les mêmes ressorts. L’humour bruxellois et belge est beaucoup plus anglosaxon.

Vous êtes aussi animatrice radio ?

Oui, sur BXFM à Bruxelles (104.3 FM) et Buzz Radio à Charleroi (94.3 et 87.8 FM). J’y anime l’émission Le Rendez-vous des célibataires avec mon amie Laura Marine de Fun France et M6 et Michel Brunelli (ex Lucifer sur SIS, TOP FM, Nostalgie…). Elle se tient chaque samedi, de 19h à 20h, avec rediffusion le dimanche à 23h. On y évoque les relations amoureuses de couples célèbres. Cela va de Napoléon et Joséphine à Emmanuel et Brigitte Macron, en passant par Kanye West et Kim Kardashian.

Vous comptez retourner à Paris ?

Je vais rester à Bruxelles. Même si je dois travailler à Paris, je ferai des allers-retours. 

Propos recueillis par
Julien SEMNINCKX