Lifting complet pour le Musée Royal de l’Afrique centrale

© visit.brussels - Jean-Paul Remy

Ne dites plus Musée Royal de l’Afrique centrale, mais AfricaMuseum. Après cinq années de profondes rénovations, le public bruxellois peut enfin (re)découvrir cette institution muséale, sise à Tervuren. Récit d’une imposante restauration.

Depuis le mois de décembre dernier, les visiteurs peuvent derechef fouler le sol du Musée Royal de l’Afrique centrale, sis à Tervuren, et rebaptisé pour l’occasion AfricaMuseum. Cinq années ont été nécessaires pour rénover profondément cette institution muséale bien connue des Bruxellois. Des aménagements indispensables pour l’avenir du bâtiment, lequel date de 1910. « Il dégageait un charme unique mais l’infrastructure n’était plus adaptée aux nécessités d’un musée moderne. L’exposition permanente était dépassée et seule une infime partie des collections était exposée. Sur le plan architectonique ainsi que sur celui de l’infrastructure et des techniques (sécurité, climatisation, éclairage, humidité de l’air, conservation ), des adaptations s’imposaient », explique-t-on du côté du musée.

Le point de départ : restaurer et rénover le bâtiment du musée, construire un pavillon d’accueil distinct et relier les deux souterrains. Dorénavant, le musée dispose d’un espace d’exposition et de circulation d’environ 11.000 m². « Le pavillon d’accueil s’est totalement intégré à l’environnement verdoyant. Le mur-rideau en verre et la structure légère accentuent le respect de la nature et les bâtiments historiques environnants. Le restaurant du musée au premier étage offre une vue spectaculaire sur le parc environnant, le bassin de l’étang rénové en 2016 et le bâtiment du musée. Entre le pavillon d’accueil et le bâtiment du musée, les podiums blancs pourront servir pour jouer de la musique en plein air par exemple ».

Une liaison souterraine de 100 mètres de long

Le musée dispose désormais d’une liaison souterraine de près de 100 mètres de long. Un passage qui sert tant d’entrée que de sortie du public et qui relie le pavillon d’accueil au bâtiment du musée historique. « Dans la liaison souterraine, vous trouverez la pirogue (NDLR : 22,5 mètres et 3 500 kg ) qui s’y trouve depuis février 2016 car il n’aurait plus été possible de l’y placer ensuite, faute d’accès suffisant », note-t-on. Par ailleurs, un des travaux les plus délicats à exécuter fut la réalisation de la liaison entre la galerie souterraine et le bâtiment du musée. Pour ce faire, les fondations du bâtiment du musée ont dû être forées.

La restauration de la bâtisse fut complexe à plus d’un titre. Un élément majeur dans ce chantier est que le bâtiment muséal et ses abords immédiats sont classés en tant que Monuments et Sites depuis février 1978. L’intérieur du rez-de-chaussée est également protégé ainsi que le mobilier originel. Les ingénieurs ont donc dû faire des compromis entre modernité et authenticité. « L’architecture imposante style « Palais des Beaux-Arts » du bâtiment muséal a été traitée avec respect et ramenée autant que possible à son état initial. Les axes de vue ont à nouveau été libérés. En rouvrant des baies de fenêtres, on renforce également les angles de vue de l’intérieur sur le parc », poursuit-on du côté du musée.

Coût : 66,5 millions d’euros

« Les façades du bâtiment muséal ont été nettoyées et restaurées. Les lanterneaux dans les toits en zinc ont été renouvelés et équipés d’une protection solaire. Le toit a été isolé et pourvu d’une nouvelle couverture de toiture en zinc ou en ardoises. Les menuiseries extérieures en bois ont été décapées, restaurées et ensuite peintes dans leur couleur d’origine. La qualité d’isolation a été nettement améliorée en dédoublant les châssis : des contre-châssis et des contre-portes en acier ont été placés ».

Et ce n’est pas tout. Le parquet original a été poncé et ciré. Les peintures et les cartes murales (du Congo belge ) ont été nettoyées et restaurées. Les peintures de modèles initiales dans la salle avec parquet ont été en partie dégagées et ont été reconstituées par sérigraphie dans l’ensemble de la salle. « Mais une des interventions les plus spectaculaires dans le bâtiment du musée est le dégagement partiel de la cour intérieure. De cette manière, davantage de lumière peut passer dans les sous-sols. C’est d’ailleurs par ce sous-sol que le visiteur pénètre dans le bâtiment muséal », conclut-on.

Coût global d’investissement pour la construction, les honoraires et le financement ? 66,5 millions d’euros.

T.V.