«J’aime Bruxelles parce que c’est ma zone de confort»

© Tatiana Silva : credit Julien Cauvin/TF1

Si Tatiana Silva fait maintenant le bonheur de nos voisins de l’Hexagone, notre compatriote n’a jamais tout à fait abandonné la Belgique et, malgré de nombreuses obligations professionnelles, ne renonce certainement pas à ses engagements humanitaires.

Tatiana Silva, de son vrai nom Tatiana Silva Braga Tavares, ex-miss Belgique, ex-miss météo de la RTBF, s’est créé une belle place dans l’univers audiovisuel et fait la pluie et le beau temps sur les chaînes françaises TF1 et LCI. On a aussi pu admirer son talentueux jeu de jambes dans Danse avec les Stars et depuis la rentrée, elle a rejoint les rangs de TMC où elle remplace Carole Rousseau, aux commandes de 90’ Enquêtes. Rencontre avec une ambassadrice de charme – et quel charme – à la personnalité attachante.

Face à votre parcours, à une vie si intense, on est tenté de vous qualifier d’ambitieuse, qu’en pensez-vous ?

Effectivement, on me dit souvent ambitieuse. J’ai mis du temps à comprendre et peut-être que je ne saisis pas encore parfaitement ce que ça veut dire. C’est un fait que j’aime la vie, j’aime les défis, je suis en quête de moi-même. Et cette quête passe par des rencontres, des échanges, des expériences diverses, des expériences professionnelles qui me plaisent. Enfant, je n’avais aucune certitude par rapport à un métier, donc, ce sont les expériences de la vie qui m’apprennent ce pour quoi je suis faite, ce que j’aime, ce qui m’équilibre. Je ne sais pas très bien ce qu’on met sous le terme ‘ambitieuse’, personnellement, je ne l’utilise pas pour me décrire.

Cette nouvelle mission confiée par TF1, à savoir, la présentation de 90’Enquêtes, c’est un challenge, un nouveau métier ?

Dans cette émission, j’avance sur un terrain qui relève plus du journalisme, et si ce n’est pas moi qui effectue les reportages – il y a des équipes fabuleuses qui travaillent avec moi – ça me permet quand même d’être au cœur de l’envers du décor : on discute des opportunités, du choix des sujets et de la manière dont ils vont être préparés. C’est très intéressant, d’autant que je nourrissais déjà un réel intérêt pour des thématiques sociétales, c’est pour moi, une suite qui a du sens.

Vous avez été inquiète d’endosser ce nouveau rôle ?

Il ne faut pas vivre dans la peur. La peur n’est pas un vecteur qui fait avancer, au contraire, ça vous rend petit et ça vous empêche d’être ce que vous voulez vraiment être. Je peux avoir des peurs plus rationnelles, par exemple la peur de la hauteur, de sauter en parachute mais je n’ai pas peur d’un défi de ce genre.

Votre engagement au sein de l’Unicef, qu’est-ce que ça représente ?

C’est un engagement qui dure depuis 4 ans et qui est très important à mes yeux. J’ai beaucoup reçu. On m’a beaucoup enlevé mais on m’a aussi beaucoup donné. Quand on a un peu de notoriété, qu’elle soit petite ou grande, on doit la mettre au service des autres, à travers des causes nobles comme l’Unicef et plein d’autres, tout aussi honorables. Il y a des tas de choses qu’on peut soutenir, comme Handicap international ou Think-Pink, la campagne contre le cancer du sein et ce qui est important c’est se consacrer aux autres. C’est essentiel pour soi-même, presqu’un acte égoïste. Aider les autres vous élève vous-même dans votre réflexion personnelle et dans votre énergie. Pour moi, c’était une évidence.

Le sort des enfants vous touche particulièrement, avez-vous des souhaits de maternité ?

(Rires ) Cette question revient souvent, sans doute parce que je n’ai pas encore d’enfants et que je suis à l’âge d’en avoir… Oui bien sûr, je souhaite avoir des enfants mais dans la vie tout est une question de timing et de priorités. Je ne me pose pas trop de questions et les choses arriveront quand elles doivent arriver. Je le ferai, pas seulement pour mon envie de maternité mais parce que le monde se construit par et avec les enfants. N’ayant plus de parents, je suis très sensible au bien-être, à la protection et aux chances équitables des enfants et à l’environnement qui favorisera au mieux leurs possibilités de devenir des adultes responsables et épanouis. Moi-même, si à une époque je n’avais pas eu l’aide sociale en Belgique, je ne serais peut-être pas la personne que je suis aujourd’hui. En Belgique nous avons la chance de bénéficier d’aides financières, de protection, de soins de santé mais ce n’est pas le cas dans tous les pays, il ne faut pas l’oublier.

Vous avez vu la vidéo de Cécile Djunga au sujet des propos racistes à son attention ?

Que peut-on dire ? N’importe qui, normalement constitué, condamne le racisme. Ce qui arrive là est peut-être, malheureusement, une opportunité de dire qu’en 2018 ça existe encore et mettre en lumière le travail qui reste à faire. Il faut être conscient que le racisme est encore bien présent chez nous et que ce n’est pas simple, pour certaines personnes d’origine étrangère, de vivre ça au quotidien, ne fût-ce que pour l’accès au travail ou au logement.

La spiritualité revient souvent dans vos propos, ça fait partie de votre vie ?

Elle est indissociable de ce que je suis, indissociable de mon évolution personnelle et par ricochet, de mon évolution professionnelle. La personne que je suis aujourd’hui est le fruit d’expériences de vie et des leçons que j’en ai tirées. La spiritualité c’est un pilier, c’est quelque chose qui me porte, ça me permet de maintenir un équilibre dans une vie mouvementée, de garder le cap et d’affronter les aléas auxquels on est tous confrontés. On est là pour progresser et pour donner la meilleure version de soi-même et la spiritualité est une aide précieuse.

Dans la vie, quelles sont les choses qui vous font du bien ?

J’aime beaucoup manger (rires ), je fais du yoga, je vois des amis, j’adore lire, j’aime les derniers potins, j’ai une vie faite de choses simples. J’aime l’humain, j’aime rencontrer les gens, qu’ils me parlent de leur vie, de leur traversée… J’aime la vie !

Vous habitez Paris, que vous manque-t-il de Bruxelles, s’il vous manque quelque chose ?

Tout me manque… La simplicité des gens, la gentillesse, l’autodérision, le petit grain de folie, le fait que ce soit petit, un grand village, la Grand-Place, les bonnes frites, le marché aux puces, tous les clichés… Ma vie bruxelloise ! Bruxelles n’est pas la plus belle ville du monde, c’est embouteillé, certes, mais elle est très verte. De ce côté-là, on n’a rien à envier à Paris, on a le bois de la Cambre à disposition, c’est magnifique ! J’aime Bruxelles parce que c’est ma zone de confort, c’est là où j’ai grandi, où j’ai eu une qualité de vie exceptionnelle.

Qu’est-ce que vous ne manquez pas de faire lors de vos passages à Bruxelles ?

Je vais chez mon amie voir mes petites filleules, je retrouve mes anciennes collègues de la RTB, Elodie de Sélys, Cathy Immelen, je fais un petit tour rue Blaes et rue Haute et je profite un peu de mon appartement. J’aime beaucoup aller manger au Selecto rue de Flandre, chiner chez Isabelle Bajart rue des Chartreux, un magasin de seconde main qui propose des vêtements vintage et acheter mes produits de beauté naturels chez Senz.

Propos recueillis par
Carine CORDIER

Du plat pays au PAF

Elle a 20 ans lorsqu’elle remporte le titre de Miss Belgique en 2005. La médiatisation lui ouvre les portes d’une carrière à la télévision. La belle débute ainsi sur AB3 dans l’émission de télé-réalité Miss Swan et passe ensuite sur la RTBF en tant que présentatrice de la météo. Elle fait l’unanimité auprès des téléspectateurs. Sa notoriété grandissant après Expeditie Robinson, en 2013, Tatiana fait ses débuts à la télévision française en présentant la météo, d’abord de manière occasionnelle sur M6, ensuite sur TV5 Monde. Forte de ses expériences, elle est choisie pour remplacer Catherine Laborde sur TF1 et LCI. Le 10 mars 2017, Tatiana Silva présente son premier bulletin.

Le 28 août, elle a pris la place laissée vacante par Carole Rousseau et incarne aujourd’hui le magazine 90’ Enquêtes, sur TMC. Du haut de ses 33 ans, celle qui a connu des moments difficiles durant son adolescence, qui s’est forgée une solide personnalité et a pu mobiliser ses forces pour avancer, n’a pas fini de nous surprendre.