Initials B.B.: rencontre avec le Bruxellois Benny B

Benny B raconte son enfance dans la capitale, dans le quartier Maritime, la naissance du titre «Vous êtes fous !», les tournées et la fin du groupe. Interview.

«Je suis né le 11 décembre 1968 et suis originaire de Molenbeek-Saint-Jean », dit-il d’emblée. Fier d’être Bruxellois, Benny B nous confie que c’est dans le quartier Maritime qu’il a grandi. « En primaire, j’étais à l’école Saint-Rémi, dans la rue Vandernoot, près du square des Libérateurs. Ensuite, j’ai fréquenté l’athénée royal de Jette. C’est dans le quartier Maritime que j’ai écrit mon texte en 1988. Je l’évoque en paroles avec ‘Je descends des quartiers soi-disant mal fréquentés, Où la P.J y passe les trois-quarts de la journée. Mais j’en ai marre de tout ça. J’en ai marre de cette vie-là. Et pour sortir de cette impasse, je ferais n’importe quoi ! J’avais commencé avec quelques punchlines puis un soir, je l’ai écrit d’une seule traite jusqu’au matin. Il n’y avait pas encore le refrain.»

Refrain puisé dans Capitaine Flam

Un titre qui aurait dû rester dans les tiroirs, mais le destin en a décidé autrement. « Début 88, mon ami Michel Brunelli de la radio Top FM me téléphone pour dire qu’un casting s’achève et qu’on m’y attend. Je n’avais pas été prévenu. J’hésite avant d’y aller. Mais je me décide finalement et m’y rends avec mes 33 tours instrumentaux. Lorsque j’arrive, les castings sont finis. Il ne reste que le producteur Olivier Verhaegen. Il m’écoute et me demande de recommencer. Il aime bien le texte. Il veut bien faire un disque, mais à la condition que j’épure le texte avec des refrains. J’accepte, bien évidemment. Faire un disque, c’était un rêve, une concrétisation. A l’époque, je dansais et chantais en rue avec le chapeau pour gagner un peu d’argent. Dans ma tête, c’était déjà et simplement le plaisir d’être écouté à la radio et chez les disquaires. Je voulais absolument que ce soit un duo, comme aux Etats-Unis. J’ai contacté Daddy K. Il est venu avec des sets de DJ où il y avait notamment des séries pour enfants et de dessins animés. Le refrain ‘Mais vous êtes fous’ vient d’une réplique dans Capitaine Flam qui a directement plu à Olivier Verhaegen. On y a ajouté ‘Oh oui’ et cela a marché ! »

Plus de 3 millions de disques vendus

Benny B, featuring Daddy K, s’adjoint les services de Perfect, le danseur. Les tournées et les plateaux s’enchaînent.  « On est notamment passé chez Jacques Martin. A un moment, il s’est mis à terre et a essayé de tourner au sol en costume. Personne ne s’y attendait et cela a fait le buzz. C’était aussi la première fois qu’il y avait autant de jeunes dans le public. Ensuite, cela a été la folie ! On a fait l’Olympia, le Cirque royal, des tournées en France, vendu plus de 400.000 exemplaires pour l’album et dépassé les 3 millions de ventes pour les différents singles qu’on a sorti. On est resté 29 semaines dans le Top 50, ce qui est un record. On a tourné comme des fous, jusqu’à 2-3 dates par jour. A l’époque, les patrons de discothèques avaient de l’argent. On était des ovnis! Puis, on est arrivé à saturation. Chacun commençait à fatiguer et on a arrêté au bon moment. On s’est séparé de commun accord, sans regret. Chacun a pris sa route et décidé de reprendre une vie normale. Personnellement, je suis rentré dans une compagnie aérienne, chez Virgin, où j’ai été chef d’équipes et beaucoup voyagé. Ensuite, chez Brussels Airlines où je suis devenu manager.»

Pied-à-terre, proche de la basilique

Même s’il s’est retiré de la scène, Benny B ne cessera d’être sollicité pour raconter son aventure et ce qu’il était ensuite devenu dans différentes émissions. « Je suis passé chez Delarue, peu avant son décès, sur TF1, France 2, M6… Vu qu’on me réclamait de plus en plus, j’ai accepté de revenir. J’ai ouvert un compte Facebook, fait quelques dates dans des discothèques, ou encore participé à quelques ‘revival’ sur des plateaux.»  Et depuis peu, il fait partie de la tournée Stars 80. Triomphe. «C’est la folie ! Je n’aurais jamais cru que le public viendrait encore me voir 30 ans après. Le spectacle est phénoménal. J’ai repris un pied-à-terre à Bruxelles, près de la basilique de Koekelberg, près de ma famille. C’est facile pour me rendre à la gare du Midi. »

En solo

Une tournée qu’il fait sans ses compères de l’époque. « Benny B, à la base, c’est moi. C’est moi qui ai signé le contrat et ensuite fait venir Daddy K puis Perfect qui était un copain d’enfance. Aujourd’hui, Daddy K se débrouille bien et est fort occupé. Perfect, Serge, travaille à la Commission européenne. Et puis, même s’ils ne l’avoueront pas, je ne pense pas que les organisateurs de la tournée soient prêts à payer le VHR (Vol, hôtel, repas ) pour trois personnes. Je ne peux prendre le risque d’imposer un DJ et un danseur à des professionnels qui me donnent une chance pareille. A l’époque, c’est ce que j’avais fait. Mais le contexte était différent. »

Propos recueillis par
Julien SEMNINCKX