Guillermo Guiz

Jusqu’en décembre, Guillermo Guiz présente son one man show au Point Virgule à Paris. Entretien avec ce chroniqueur radio et télévisé, Anderlechtois de souche, qui aurait pu faire carrière comme footballeur professionnel, et qui a fait un rejet profond de la politique belge…

Vous êtes un vrai ket de Bruxelles, de quel quartier précisément ?

J’ai grandi à Anderlecht où j’ai passé 25 ans de ma vie, dans le quartier Wayez – Saint-Guidon. J’ai un peu bougé dans Anderlecht, mais toujours autour de la rue Victor Rauter. En primaire, j’ai été à l’école P16 des Peupliers. Puis, à Bracops- Lambert en secondaire, section latin-grec. J’ai ensuite terminé des études en Sciences politiques à l’ULB et achevé aussi une formation en Journalisme. Métier que j’ai pratiqué en sortant des études.

Vous avez travaillé dans quels journaux ?

J’ai commencé au Soir où je couvrais l’actualité bruxelloise, surtout sur Anderlecht et Molenbeek. J’y ai collaboré 4-5 ans, toujours comme indépendant. Puis, je suis entré au Vif/L’Express, à Trends-Tendances et au Focus Vif où je collabore encore comme rédacteur.

Comment vous est venue l’idée de devenir humoriste ?

A un moment, j’ai estimé avoir fait le tour du journalisme et j’y prenais de moins en moins de plaisir. Je me suis dit, pourquoi ne pas me reconvertir dans l’humour. C’était voici 4 ans, à l’été 2013. J’ai commencé à écrire des sketchs, les tester sur des scènes ouvertes jusqu’à construire un spectacle. Puis, je suis entré en radio, en télévision. Cela a commencé avec ‘On n’est pas rentré’ sur La Première, fin 2013. Puis, à la TV avec ’69 minutes sans Chichis’ ainsi que dans l’émission de foot ‘La Tribune’.

A ce propos, vous auriez pu faire carrière dans le football ?

De 7 à 23 ans, j’ai joué dans tous les grands clubs bruxellois. Au RWDM, à l’Union, au Sporting d’Anderlecht et au White Star Woluwe. Avec un petit intermède de 3 ans au Standard de Liège. J’étais distributeur, avec le numéro 10. Mais j’ai arrêté à cause de grosses blessures. Mon corps est un peu fragile, cela m’a fait changer d’option de vie.

A Bruxelles, quels sont vos endroits de prédilection ?

Après Anderlecht, j’ai bourlingué de Woluwe à Jette en passant par Boitsfort. Maintenant, je me suis ancré au Châtelain sur Ixelles. Je vais souvent au Grand et Petit Belga écrire mes chroniques. C’est toujours plus chouette de travailler dans des endroits où il y a du monde, où il ya de la vie. Seul, chez soi, c’est un peu triste. Il y a aussi Lulu, un café bobo qui fait sandwicherie et magasin de meubles près du Châtelain: un quartier où beaucoup de boutiques se cherchent. Mais je ne vais pas citer tous les endroits que je fréquente. Je suis Bruxellois à 100% dans l’âme et j’adore ma ville.

Justement, comment présenteriez-vous notre capitale aux gens qui ne la connaissent pas ?

Je ne dirai jamais que Bruxelles est la plus belle fille du monde. Ce serait un mensonge. Mais si on est bien encadré, c’est un endroit formidable. Cela reste cependant une ville où je me sens chez moi. Maintenant, c’est vrai qu’on y trouve des endroits atroces et d’autres qui sont merveilleux. Comme dans toutes les villes…

Jusqu’en décembre, vous serez au Point Virgule, à Paris, avec votre one-man-show ‘Guillermo Guiz a un bon fond’. Comment avez-vous commencé votre carrière internationale ?

J’ai d’abord rejoint l’équipe de ‘Naguy la Bande originale’ sur France Inter. Puis, une maison de prod a souhaité me produire en France, à Paris. Dans mon spectacle, je raconte des anecdotes de ma vie avec divers questionnements. C’est vraiment du stand-up pur.

Vous n’y évoquez pas l’actualité ?

Très peu ! Je le fais déjà cela en radio, et ça me suffit.

Et la politique ?

J’ai arrêté le Café Serré sur La Première car je n’avais plus rien d’intéressant à raconter sur l’actualité et la politique belge. Je devenais redondant. D’autres suivent avec de l’originalité et des idées nouvelles. Depuis que j’ai arrêté le Café Serré, je n’ouvre plus un journal. J’ai fait un rejet de la politique. J’y pense le moins possible. C’est un beau sac de nœuds !

Les Français comprennent-il la politique belge ?

Je pense surtout qu’ils s’en foutent! Cela n’aurait d’ailleurs aucun sens d’évoquer la politique belge en France. A contrario, en Belgique, on a plus vibré pour les élections françaises que pour les nôtres.

Pourtant, sur votre GSM, votre messagerie vocale est « Ceci n’est pas Charles Michel »

Je sais ! (soupir) Cela remonte à plusieurs années. J’ai toujours la flemme de le changer. Continuellement, je me fais charrier par les amis qui l’entendent pour la 15e fois ou plus. Cela les horripile. Mais ça amuse ceux qui l’entendent pour la première fois. Mais je m’engage solennellement à changer prochainement le message. C’est la nouvelle priorité de ma vie !

Propos recueillis par Julien SEMNINCKX