Eric Houben derrière la protégée de Justine

Justine Henin, Eric Houben et Dayana Yastremska

Pendant quatre ans, de 2007 à 2011, Eric Houben (Tilff, 43 ans, deux enfants) fut le préparateur physique et l’ostéopathe de Justine Henin, alors n.1 mondiale. Il vient de replonger dans le tennis féminin de haut niveau.

C’était le 25 juillet dernier. Un accord tombait entre la jeune Ukrainienne Dayana Yastremska (18 ans, alors 100e joueuse de tennis mondiale) et Eric Houben. Selon les termes de celui-ci, le Tilffois devenait préparateur physique, ostéopathe et kiné de la joueuse jusqu’à la fin de la saison.

«C’est Justine qui m’a approché pour que je m’occupe de Dayana, qui faisait partie du team pro de son académie», nous explique-t-il. «Après la fin de notre collaboration en 2011, les contacts que j’avais eus avec elle avaient été très rares. Et puis, voici un peu moins de deux ans, elle m’a proposé de m’occuper d’une autre joueuse étrangère qu’elle avait chez elle. À l’époque, j’avais dû dire non. Cela ne m’arrangeait pas d’être absent 15 semaines sur une année. Après cela, nos contacts étaient redevenus plus fréquents. Puis elle est venue me parler de Dayana…»

Pour l’Ukrainienne, il y a eu assez vite accord. Eric est même parti aux Etats-Unis en août avec elle sur le tournoi de New Haven (4 succès de rang) et l’US Open (sortie au premier tour). Et il a pu savourer une superbe fin d’année avec un premier succès en tournoi WTA à Hong Kong, suivi d’une demi-finale au Luxembourg emmenant Yamstremska jusqu’au rang de 60e joueuse mondiale (un bond de 129 places par rapport au premier janvier).

«Nous avons un contrat pour 2019», reprend notre licencié en kinésithérapie de l’ULG, une formation qu’il a complétée par un masters en ostéopathie réussi dans une école belge, ainsi que par une formation en préparation physique suivie à Dijon. «J’occuperai à nouveau la triple fonction évoquée ci-dessus. Pendant 15 semaines, je serai avec elle sur le circuit. Pour le moment, autour d’elle, il y a Justine qui est un peu la head coach et Olivier Jeunehomme, qui vient de son académie, comme coach.»

Le tout sera de façonner ce qui pourrait bien être une future grande du tennis mondial. Yastremska, c’est une fille qui n’est sur le circuit pro que depuis mars 2017. L’année d’avant, elle avait atteint le 6e rang mondial chez les juniores, notamment grâce à son accession à la finale de Wimbledon dans cette catégorie. Elle s’est aussi distinguée en devenant en 2018 la première fille née dans les années 2000 à entrer dans le top 100 du classement WTA.

Ce travail d’accompagnement se fera, en tout cas pour lui, majoritairement pendant les tournois, voire durant la semaine qui précède les plus gros d’entre eux. Avec elle en Belgique? Pas sûr. Lorsqu’elle ne voyage pas, Yastremska se prépare et vit en effet chez ses parents, à Odessa, ville dans laquelle son père fut son premier coach.

«Cela sera à tous les coups passionnant», se réjouit le Tilffois qui a pu compter sur son profil rare (il ne connaît pas d’autres Belges sur le circuit tennis présent cette triple fonction préparateur-kiné-osthéo) pour se voir proposer ce challenge.

À lui de le relever, avec son enthousiasme et ses compétences.

Tout en continuant à s’occuper des autres sportifs de haut niveau dont il a la charge et de sa clientèle «de base»…

L.M.