Docteur Damiens, Mister L’Embrouille

Chassez le naturel, il revient au galop ! Pour son premier film en tant que réalisateur, François Damiens ne prend pas énormément de risques et entreprend ce qu’il fait de mieux, à savoir des caméras cachées.

Docteur Damiens au cinéma, Mister L’Embrouille sur la petite lucarne, en somme. Le Bruxellois renoue avec ses premières amours télévisuelles. Sauf que pour son grand baptême du feu derrière l’objectif, il ajoute à ses incontournables pièges une sorte de fil rouge sur la paternité. Il incarne Dany Versavel, un baraki sans foi ni loi complètement en marge de la société. Fini de faire le king derrière les barreaux, Dany ne veut pas laisser filer son ket. C’est son fils, sa bataille ! Entre cavales, magouilles et petits bonheurs, ce dernier a tant de choses à lui enseigner. Un apprentissage à son image. Au pied de biche, sans pudeur ni retenue. Mais là où l’on pouvait craindre le pire, se cache peut-être le meilleur…

Vis comica

Fiction et réalité se croisent dans ce synopsis qui se révèle surtout être un prétexte pour réaliser une série de caméras planquées pas piquées des hannetons.

Certaines sont instantanément cultes (l’anniversaire, le parking, l’hôpital, la librairie), d’autres sont plus anecdotiques (le professeur, l’Afrique).

Cela émis, le niveau de facétie est placé très haut. Et de fait, « Mon ket » est désopilant du début à la fin, pour peu qu’on apprécie les péripéties de Mister L’Embrouille bien évidemment.

Tout comme «Dikkenek» se résumait à une succession de sketchs hilarants imbriqués les uns aux autres dans un récit hybride et bancal, l’enfilade de caméras cachées atteint très vite ses limites narratives. Reste alors le génie comique de Damiens, sa vis comica, son art de l’improvisation, son faciès et ses simagrées, son sens inné de la provocation, son indécrottable talent à pousser le bouchon toujours plus loin. Vous voilà donc prévenus. Ceux qui désespéraient de ne plus voir François L’Embrouille se travestir dans des personnages d’ostrogoths seront aux anges. Mais ceux qui s’attendent à un minimum de cinéma seront déçus. Dans tous les cas, le rire est garanti. Et c’est déjà pas mal pour un long-métrage qui ambitionne la bonne et franche tranche de rigolade.

Le film «Mon Ket» en chiffres

  • 3 ans d’écriture
  • 1,5 an de tournage
  • 4 heures de maquillage par jour
  • 12 personnages piégés par jour
  • 40 personnes autour du plateau
  • 650 heures d’images
  • 30 mai, date de sortie en Belgique

Thibaut VAN DER NOOT