De star mondiale du catch à coach sur Charleroi

Le nom de Salvatore Bellomo ne vous dit sans doute rien. Pourtant, cet Hornutois d’origine était une véritable star du catch aux États-Unis dans les années 80. Depuis son retour en Belgique en 2000, il a ouvert plusieurs écoles de catch dont une à Charleroi. Son but ? Entraîner les jeunes et emmener les plus prometteurs outre-Atlantique.

Salvatore Bellomo avec Batista

« Ceux qui recherchent l’argent et la gloire peuvent rentrer chez eux ». Ça y est, le ton est donné par Salvatore Bellomo, un sportif de 67 ans qui a vécu du catch toute sa vie et qui se consacre aujourd’hui aux jeunes. « The Wildman » comme il était surnommé, est fort d’une expérience de plus de 50 ans dans le milieu et a côtoyé les plus grands comme Hulk Hogan, The Undertaker, Batista, Vince McMahon etc. Revenu chez nous dans les années 2000 après avoir catché dans plus de 21 pays et passé 20 ans aux États-Unis, il est retombé dans l’anonymat ou presque.

« À mon retour, j’ai de nombreux fans qui sont venus à ma rencontre. Ils m’ont donné la force de lancer une école » explique Salvatore avec un brin d’émotion. Au début des années 2000,  des écoles, il y en a eu un peu partout en Wallonie et même jusqu’à Anvers.

Actuellement, il en reste deux : une à Flemalle et l’autre à Charleroi. Même si le nombre d’élèves a tendance à diminuer depuis 2011, quelques spectacles sont encore présentés. « Nous revenons du Cabaret Vert, un festival français où nous avons catché devant quelques centaines de personnes. C’était super ! » précise l’ancien catcheur.

Ce sport méconnu du grand public est encadré aujourd’hui par la Belgian Catch Wrestling Federation (BCWF ) fondée en 2001 par Salvatore. Pourtant, l’organisation des shows est de plus en plus compliquée. « Les salles se remplissent moins qu’auparavant et il est donc difficile d’obtenir des sponsors » lance-t-il. « Il y a quelques années, nous avons essayé d’organiser un show au Spiroudôme et finalement, seules 300 places sur les milliers disponibles ont été vendues ».

Aujourd’hui, l’ancienne gloire du catch entraine encore une cinquantaine de catcheurs dont dix – âgés entre 16 et 24 ans –  à Charleroi. Il leur apprend à courir, tomber, jouer la comédie et surtout, prendre du plaisir à le faire. Tout ceci à raison d’un entraînement par semaine, le mardi à Charleroi et le jeudi à Flemalle. Les élèves les plus assidus sont d’ailleurs récompensés lors des shows.

« Avant chaque combat, je dis aux athlètes qui ils vont affronter. Le gagnant est choisi à l’avance et la magie opère sur le ring » ajoute-t-il. « Les jeunes ont tendance à vouloir brûler les étapes alors qu’il faut au moins deux ans d’entraînement avant de monter sur le ring. Celui qui gagne le combat, c’est celui qui aura fait le plus d’efforts ».

Devenir catcheur, c’est être sportif, compétiteur, acteur, cascadeur et surtout passionné. Des aptitudes que Salvatore Bellomo a acquises en dévouant sa vie au catch et qu’il essaie aujourd’hui de transmettre à ses jeunes en toute simplicité.

Benoît Dekeyzer