Charles Weerts : Graine de champion

Charles Weerts

Avec un papa co-fondateur d’une des équipes de course les plus titrées en Belgique, WRT, Charles Weerts ne pouvait que terminer derrière un volant en sport automobile ! Le Liégeois baigne dans ce milieu depuis tout petit et cela fait de nombreuses années qu’il ne rate aucun Grand Prix de Formule 1 à la TV. Charles a commencé le karting en compétition à 13 ans seulement (!). Mais après avoir beaucoup travaillé, il a remporté son premier titre en début d’année: celui de champion de Formule 4 (F4 ) aux Emirats Arabes Unis.

Cette compétition est reconnue par la Fédération Internationale de l’Automobile. Autant dire que c’est du sérieux ! Aujourd’hui, en Championnat allemand de F4, il côtoie les jeunes Fittipaldi et Schumacher, des noms bien connus dans le monde entier !

Comme quasiment tous les pilotes de top niveau, tu as commencé par le karting mais finalement, assez tard, à 13 ans. D’où et quand t’est venue cette passion pour le sport automobile ?

Cette passion est là depuis que je suis tout petit, transmise de mon grand-père à mon père et de mon père à moi. J’ai toujours suivi les Grands Prix de F1 avec mon papa. Je me disais qu’un jour je ferais partie de ces pilotes. En suivant mon papa chez WRT (Ndlr : Charles est issu de la WRT Karting Academy ), j’ai toujours eu l’occasion de voir de superbes voitures. Des GT (Ndlr : Audi R8 LMS ) notamment et ça fait rêver évidemment ! Lorsque j’ai découvert le karting, mon amour pour le sport automobile s’est encore accentué : j’ai donc persévéré vers 11, 12 ans. Ensuite, je me suis préparé pour débuter la compétition.

Qu’est-ce qui te plaît tant dans ce sport ?

Piloter une voiture et être capable de la pousser à la limite de ses capacités, je trouve ça magique. Pour moi, les pilotes professionnels sont donc des acrobates. Mais j’ai aussi toujours été impressionné par le nombre de personnes que la passion automobile pouvait réunir.

Peux-tu nous parler de ton parcours jusqu’à maintenant ?

J’ai commencé en karting Junior en Belgique puis en championnat allemand. Lors de ma toute première course à 13 ans, c’était quasiment une découverte pour moi. J’ai donc côtoyé des pilotes bien plus expérimentés que moi. Ensuite, quand j’ai trouvé le bon rythme, on a jeté un œil au niveau supérieur avec le championnat d’Europe. En supplément, j’ai réalisé quelques courses comme le championnat du monde au Mans et l’Europa Challenge. Tout ça, en parallèle avec quelques courses en Allemagne. Vers 15 ans, on a regardé vers la monoplace.

Quels ont été tes premiers résultats marquants ?

Vu mes débuts tardifs, il m’a fallu un petit temps d’adaptation. J’ai eu l’occasion de briller à quelques reprises en karting mais j’ai beaucoup travaillé et ce travail a surtout payé maintenant, en monoplace.

Ainsi, tu as décroché le titre de Formule 4 aux Emirats Arabes Unis. Tu parviens à réaliser ce qu’il t’arrive en assez peu de temps ?

C’est un championnat reconnu par la Fédération Internationale Automobile donc c’est vraiment top ! Mais j’ai beaucoup travaillé pour y parvenir, surtout au niveau mental.

Pourquoi le mental est-il si important en sport automobile ?

Car lorsque l’on est à 1 seconde du meilleur temps au tour par exemple, on se retrouve en fond de grille. Pour refaire ce retard, il faut bien sûr du talent, une bonne voiture, mais surtout un gros mental car il faut parvenir à aligner les trois meilleurs secteurs d’un tour au même moment. Pour y parvenir, il faut vraiment que la concentration soit optimale. Idem en course, lorsqu’on part pour 30 minutes : il ne faut pas commettre une seule erreur de pilotage. Mais un bon mental joue également un rôle essentiel lorsque l’on enchaine les déceptions car en sport automobile, on a plus souvent des moments compliqués que des instants de gloire.

Cela fait quoi de rouler aux côtés de grands noms comme Schumacher ou Fittipaldi, respectivement neveu et petit-fils de deux légendes de la F1 ?

Pour moi, quels que soient leurs noms, c’est le même tarif : ce sont des concurrents et ça me fait plaisir de les battre.

Quel est ton rêve ?

Comme tout pilote qui roule en monoplace, le rêve est d’arriver en F1 mais je souhaite garder les pieds sur terre. Aller vite n’est pas suffisant. Tout ne dépend pas que de moi : il faut être au bon endroit au bon moment et entouré des bonnes personnes. Mais un autre objectif, plus réalisable, serait de vivre de ma passion et donc devenir pilote professionnel.

Tu suis la F1 ?

Bien sûr ! Même si le Grand Prix est très tôt, je me lève pour le regarder. J’ai bien aimé le changement de règlement en 2017, concernant les nouveaux kits aérodynamiques. Les voitures vont beaucoup plus vite en virage, paraissent aussi plus musclées, ce qui est sympa. En revanche, l’introduction du halo (Ndlr : dispositif situé au-dessus et devant le casque des pilotes pour éviter les éventuels projectiles ) rend la F1 moins attrayante. Je pense qu’il y avait de meilleures alternatives. Je trouve aussi que les nouveaux organisateurs, Liberty Media, modernisent très bien la discipline. C’est juste dommage de voir disparaître les grid girls mais elles reviendront sur certains Grands Prix comme celui de Monaco. Mais si j’avais mon mot à dire, il faudrait favoriser davantage les dépassements et limiter les budgets pour les plus grandes écuries afin de rééquilibrer le plateau.

Quel pilote admires-tu le plus
et pourquoi ?

J’ai toujours été fan de Michael Schumacher et pas seulement parce qu’il a remporté 7 titres de champion du monde. C’est lui qui m’a donné le goût du sport automobile lorsque j’ai découvert la F1 à la TV. C’était un gros travailleur, toujours avec ses ingénieurs à tenter d’améliorer ses performances. Il était très rapide et a toujours eu les pieds sur terre. De plus, j’ai pu le croiser à plusieurs reprises et il n’a pas attrapé la grosse tête malgré ses nombreux titres, ce qui est très respectable.

Que pouvons-nous te souhaiter pour l’avenir ?

Devenir pilote professionnel au plus haut niveau, ce serait top!

Stéphane LEMERET