Charleroi attire les touristes chinois

Les touristes chinois sont de plus en plus nombreux dans nos contrées, tous les indicateurs objectifs le confirment. Analyse de ce phénomène et, surtout, possibles développements à venir grâce à cela!

Le safari urbain de Nicolas Buissart, qui permet de voir Charleroi sous un angle décalé, a récemment reçu une sollicitation de la part de 300 touristes chinois, en vue d’une visite en janvier. «C’est une agence de voyage asiatique qui m’a contacté», explique le principal intéressé. «Elle désirait faire venir trois groupes de cent personnes. J’ai demandé plus de précisions par mail ce jeudi matin, mais je n’ai pas encore eu de réponse. Je suis assez bien référencé sur les moteurs de recherche sur Internet et ces gens sont peut-être simplement tombés sur moi en tapant Charleroi et tourisme. Ils recherchent peut-être quelque chose de plus traditionnel. Ou c’est bel et bien mon safari urbain qui les intéresse… A voir… Je ne sais pas non plus s’ils passeront par ici lors d’un grand tour en autocar où s’ils atterriront directement à l’aéroport de Charleroi.»

Cette anecdote est en tout cas révélatrice. On ne peut pas parler de raz-de-marée. Mais quelque chose de concret est en train de s’amorcer avec le tourisme chinois dans la région. «Nous avons été sollicités pour des groupes, mais pas à des tarifs intéressants pour nous. Par contre, on peut parler d’un frémissement au niveau des réservations individuelles ou en couples», pointe-t-on du côté de l’hôtel Van der Valk. «On parle d’une dizaine de nuitées par semaine, alors qu’il n’y en avait aucune encore récemment.»

Pas mal de clients

Première explication à ce phénomène, sans doute: la ligne directe entre Charleroi et Hong Kong ouverte récemment grâce à la création d’Air Belgium. «En juillet, on affichait déjà une moyenne d’occupation de l’appareil qui oscillait entre 52 et 60%. Pour ce mois d’août, on est entre 75 et 85% d’occupation avec des vols complets certains jours», détaillait récemment le boss de la nouvelle compagnie aérienne, à nos confrères de l’Echo.

Bien sûr, ces chiffres risquent de diminuer une fois les mois de vacances passés, mais ils sont tout de même appréciables. Et trois nouvelles destinations devraient voir le jour progressivement avant la fin de l’année:, Zhengzhou, Wuhan et Taiyuan. Du côté des autorités, on est bien conscient qu’il s’agit là d’une opportunité à exploiter. Le but est en quelque sorte d’attraper les visiteurs quelques heures ou jours à la sortie de l’avion, avant qu’ils visitent Bruxelles, la Flandre ou le reste de l’Europe. «Un tour opérateur, qui envoyait auparavant 200 à 300 touristes par vol vers Liège, a décidé de travailler avec Air Belgium et Charleroi, dorénavant», explique Dominique André, responsable du marché asiatique à Wallonie/Belgique Tourisme. «Cette formule a l’avantage d’offrir une liaison directe, alors qu’un arrêt en Russie était nécessaire précédemment. Notre but est d’attirer des Chinois plus jeunes, qui commencent à apprendre les langues, et qui viennent pour la deuxième ou troisième fois en Europe. Ceux-ci veulent vivre une autre expérience que la visite traditionnelle des grandes villes (NDLR: voir ci-contre). Les touristes «habituels», dans la cinquantaine réalisant une grande traversée du Vieux Continent très vite, ne viennent pas en Wallonie.»

Pour cela, la Wallonie en général et Charleroi en particulier ont bien compris l’importance de se montrer proactifs. «Une formation, destinée à accueillir au mieux les visiteurs chinois, sera dispensée aux directeurs et chefs de réception des auberges de jeunesse wallonnes, à Charleroi mi-octobre. Et la Ville de Charleroi en profitera aussi pour prendre un maximum de renseignements», révèle-t-on du côté du cabinet de l’échevine du Tourisme, Anne-Marie Boeckaert.

Bref, on ne peut pas parler de ruée vers Charleroi depuis la Chine, mais vu la population de ce pays, une infime partie de ses touristes permettrait déjà de booster le secteur dans la région.

SP