Alex Vizorek: «Je suis Belgicain !»

Chroniqueur, humoriste, auteur, Alex Vizorek vit à 100 à l’heure et adore ça ! Le rire joue un rôle dans notre quotidien et ce « fou du roi » confirme la tendance grandissante des médias à lui donner une place de choix.

De situations de crise en situations scandaleuses, l’humour serait-il là pour nous mettre du baume au coeur ? Avec élégance et intelligence, Alex Vizorek peut être caustique et surtout pertinent et apporter un regard décalé sur la classe politique et la société contemporaine. Il est loin le temps des blagues douteuses sur les Belges ! Rencontre entre micro et cymbales… #fierdetrebelge

Une enfance entre Uccle et Ostende, une grand-mère wallonne et une grandmère flamande, la voie royale pour cultiver sa belgitude. «Je suis Belgicain » dit Alex Vizorek, «et je me sens à l’aise partout».

Mais comment est né l’artiste? «Je ne suis pas né dans une famille d’artistes et si mon père a été chanteur, c’était avant ma naissance. J’ai toujours connu mes parents commerçants.» Papa chanteur ? «Il a sorti quatre 45 tours et traduit en français la chanson « No milk today », poursuit-il. «Personne ne m’a poussé dans ce métier. Au contraire, ma mère était plutôt inquiète mais elle ne voulait pas me freiner et mon père, comprenait mieux mon envie. Dans les salles de spectacles, c’était assez marrant de voir mon papa devant pour me soutenir et ma maman dans le fond, pour s’assurer que le public était avec moi ». Notre humoriste national a quand même décroché deux diplômes et non des moindres, de quoi adoucir les inquiétudes de maman. « A 18 ans, je ne savais pas quoi faire, je n’avais pas le feu sacré. J’ai choisi Solvay en me disant que tant qu’à faire, autant choisir des études difficiles. Parmi les grandes études, il y a polytech, mais trop de chiffres, le droit, trop de lettres, médecine, une vocation… et Solvay. J’ai réussi un peu à l’arrachée, en 2ème session et ce qu’il m’en reste c’est la rigueur au travail et la certitude qu’on peut être le meilleur. A Solvay, on te le dit, on t’incite à croire en toi ». Après un second diplôme en journalisme, le jeune Alex a envie d’être acteur et choisit le cours Florent. Il n’est pas mauvais élève mais pas meilleur qu’un autre, jusqu’à ce cours de one-man-show qui révèle un talent dans l’écriture. «Je me suis rendu compte que quand j’écrivais, c’était rigolo et que j’y prenais beaucoup de plaisir», précise-t-il. « J’ai rencontré Stéphanie Bataille qui a été mon pygmalion. Elle m’a fait croire en moi et la choisir comme metteuse en scène de mon spectacle était une évidence. C’est une rencontre plus que déterminante, Stéphanie est ma marraine, ma soeur de théâtre. Sans elle, je ne ferais pas ce métier !»

« MA PREMIÈRE RÉPLIQUE AU CINÉMA!»

Alex Vizorek est sur tous les fronts et a plus d’une corde à son arc. Il officie tous les jours sur France Inter dans l’émission «Par Jupiter», anciennement «Tu écoutes, j’annule tout». «On a changé le nom parce qu’on a changé d’époque. Jupiter c’est le surnom que c’était donné Macron à lui-même : président «jupitérien». Le titre précédent faisait référence à l’époque Sarkozy et plus précisément à la phrase dite à Cécilia quand il a rencontré Carla Bruni. Avec « Par Jupiter », on est dans la « macronie », bien intégré dans ce quinquennat qui va nous porter durant les 5 années à venir».

Et «Salut les terriens»? «Ma chance de cette année! Je ne m’attendais pas à ce qu’on me propose un poste aussi important que celui de Stéphane Guillon. Je ne me voyais pas refuser et je n’ai d’ailleurs pas trop réfléchi ». Récemment, c‘est le cinéma qui frappe à sa porte et Alex fait une apparition dans trois films, dont celui d’Amanda Sthers, «Madame», dans lequel il donne la réplique à Toni Collette. «Ma première réplique au cinéma!», dit-il avec enthousiasme. Et avec une actrice australienne. La classe! Au printemps sortira un film sur la problématique des jeunes à trouver du travail qui sera suivi d’un film de Didier Van Cauwelaert à la rentrée. Voilà un virage qui semble bien amorcé. Mais ce n’est pas tout, Alex nous apporte le parfait cadeau à glisser sous le sapin: «L’Échappée belge», son nouveau bouquin, un recueil des meilleures chroniques des deux dernières années. «C’est une période assez chargée, avec l’émergence de Macron, les frasques de Fillon… Il y a un peu de tout, des dessins de Pierre Kroll et Nicolas Vadot. Avant je faisais mes chroniques pendant les allersretours entre Bruxelles et Paris, ce qui a donné lieu à «Chroniques en Thalys», maintenant je suis complètement parti.»

«Bruxelles c’est ma maman, Paris c’est ma femme!» Les humoristes sont de plus en plus nombreux, chaque chaîne a les siens. Un signe des temps ? Il y a une demande du public. C’est un plus dans l’actu, c’est complémentaire, ça plaît aux gens. Il y a une façon très carrée d’amener l’info, très indépendante de l’événement et les gens ont aussi besoin de rires, de prises de position plus humaines, différentes de la froideur et de l’objectivité journalistique. Et dans les situations très graves comme les attentats, on a besoin de décompresser… A un enterrement il y a toujours quelqu’un qui lâche une blague et qui fait rire tout le monde. Les humoristes apportent cette touche plus humaine.

Carine CORDIER

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